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French Tech Rennes St-Malo : où en est l’innovation ? Les succès, les défis, les surprises 

 

 

 

L’Ille-et-Vilaine n’a pas attendu la French Tech pour écrire son histoire d’innovation. Tout commence dans les années 70 avec une décision stratégique : l’implantation à Rennes du centre de R&D de France Télécom, futur Orange. Autour de ce noyau technologique, un écosystème s’est construit, étape par étape, telle une mécanique bien huilée. D’abord avec les télécoms, puis avec Internet qui a tout accéléré.  

Les compétences historiques, avec en tête le traitement du signal, la cybersécurité et l’IoT, ont trouvé de nouveaux terrains de jeu : la collaboration avec Klaxoon, la disruption de l’assurance avec Leocare, la modernisation du lien intergénérationnel avec Famileo, ou encore la transition écologique avec Circul’Egg. Aujourd’hui, c’est une nouvelle vague qui déferle, portée par l’IA, la deeptech et le spatial, avec des pépites comme Unseenlabs, Caïlabs ou encore Gladia pour ne citer qu’eux. 

D’une décennie à l’autre, le scénario se répète : un socle public et académique solide attire les talents, les startups émergent, les investisseurs détectent et supportent certains élans. L’écosystème grandit, mais plus encore, il se structure.  

Cela fait maintenant 12 ans que le label French Tech est venu poser son estampille sur cet écosystème en Ille-et-Vilaine. De 247 startups en 2019 à 435 en 2026, il semble que désormais, l’innovation bretonne ne se contente pas de se développer, elle rayonne au-delà du territoire.  

Avoir le privilège de l’accompagner nous rappelle tous les jours que les enjeux géopolitiques de la tech se dessinent également au quotidien sur le terrain, là où se jouent de vraies positions : par des choix locaux, des collaborations concrètes, et une vision inclusive de l’innovation. Une histoire qui s’écrit chaque jour. 

Alors, que raconte l’écosystème aujourd’hui ? Partons pour un rapide tour d’horizon des enjeux en 2026.

Let’s go. 

Santé des startups : 2025, naviguer par gros temps  

2025 s’est révélée comme une année charnière au niveau national, marquée par des ajustements stratégiques en milieu d’année, un recentrage des commandes publiques et une réévaluation des priorités RSE. 

Pourtant, l’écosystème bretillien a tenu bon. Les promos d’incubation font le plein, et 54 nouvelles entreprises ont rejoint le mapping, dont 38 créées il y a moins de 2 ans. 6 secteurs sont particulièrement concernés par ces nouvelles arrivées, avec en tête le numérique (16 nouvelles startups), puis : la transition écologique, la formation et le recrutement, l’expérience clients, la santé, et la production-consommation. 

Alors que les levées de fonds françaises reculaient de 5 % (7,4 milliards d’euros selon EY), le territoire a connu une correction plus marquée : après un pic à 234 millions en 2024 (+96 %), les investissements ont chuté de 49 % en 2025 (118 millions). Mais derrière ces chiffres, une réalité plus nuancée se dessine. Les investisseurs ont recentré leurs paris sur des projets matures, comme en témoigne la levée record de Cailabs (57 millions pour son usine rennaise), prouvant que le territoire sait encore faire émerger des champions industriels. 

Dans le même temps, 57 entreprises ont quitté le mapping (même chiffre qu’en 2025), principalement dans la santé et le numérique. Certaines scaleups ont dû se réinventer, réduisant la voilure ou changeant de cap, des choix difficiles qui semblent avoir porté leurs fruits (Leocare, Anozr Way, Steeple). Un mouvement de consolidation bien visible dans les 7 exits de l’année (avec Secure-IC, Klaxoon, Energiency, Heyliot, Sekost, Malizen et Gigz), mais aussi dans les restructurations qui ont touché des acteurs prometteurs. Pourtant, malgré ce climat plus sélectif, 431 startups maintiennent le cap en 2026 rendant visibles quelques secteurs phares du territoire avec en tête : la cybersécurité, l’industrie, la santé, les télécoms et les énergies renouvelables. 

Au-delà des filières d’excellence (de l’industrie spatiale à la santé connectée), une récente étude menée avec 2050Analytics révèle une autre particularité du territoire : sa capacité à intégrer les enjeux de transition mieux que la moyenne nationale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 52 % des startups locales affichent une démarche RSE (contre 38 % au national), et 74 % des startups à impact ont des initiatives concrètes en sobriété numérique, économie circulaire ou biodiversité. Les résultats confirment que la Bretagne se positionne comme la région la plus engagée en matière de RSE : parmi les PME qui comptent entre 10 et 249 salariés, près de 53 % des PME bretonnes ont engagé des actions RSE contre 43 % au niveau national.  


Ils ont passé un cap 
 

En 2026, certaines startups ont franchi le cap du million d’euros de CA, comme Jarvi ou Alcyconie. Glimps, de son côté, a assumé son ambition : devenir une solution souveraine européenne, bien au-delà d’une simple brique technologique. D’autres, ont fait le choix de la croissance externe et ont acquis des boîtes, le cas d’Ubiflow, Aghadoe, ou encore Fruggr. Nous avons aussi assisté à des changements de dimension, le cas notamment de Deneo et Daspren, dans la santé, qui ont signé des contrats majeurs avec des acteurs comme Orange Cyberdéfense, prouvant qu’on peut allier innovation et scalabilité. Et puis, il y a ceux qui ont ouvert leur usine, dont Ostrea et Agriloops, mais on y reviendra.  

 

Ce qui marque, c’est le nombre d’entreprises qui ont trouvé leur marché : 14 startups comme Maestro, AgWi ou RetroPac ont passé ce cap crucial entre création et développement. Un indicateur clé à observer. 


La nouvelle génération d’entrepreneurs
 

D’abord, des succès marquants. En 2025, Lizia a fêté ses 3 ans avec un CA multiplié par 4 (3 millions d’euros), 500 magasins partenaires et 100 000 unités vendues, un bel équilibre entre B2C et B2B, avec des partenariats chez Cultura, FNAC et Nature & Découvertes. Globe For You, de son côté, a levé 1,1 million d’euros (dont 600 000 € de business angels bretons) et vise l’Europe du Nord d’ici 2027, avec un nouveau site de production à Saint-Malo. Sans oublier Skyld, la Deeptech qui sécurise les algorithmes d’IA embarquées, primée par Le Point et soutenue par 1,5 million d’euros de levée. Des entreprises qui montrent une génération capable de scaler vite, avec des modèles hybrides et une ambition internationale.  

Derrière ces réussites, une tendance plus large se dessine, celle d’une nouvelle génération d’entrepreneurs acculturés à l’IA. Certains projets early suivis nous montrent que des changements profonds s’opèrent. Le chemin entrepreneurial s’accélère : prototypage et itérations rapides, réduction des coûts de démarrage, approche “IA first”, etc.  

Une nouvelle façon d’entreprendre se dessine. Le risque que l’on peut entrevoir ? Croire qu’un bon prompt suffit à valider un marché. Car si les barrières à l’entrée n’ont jamais été aussi basses, la vraie rupture se joue ailleurs : dans la capacité à confronter une idée au terrain, à passer du POC à la vente réelle, et à se différencier dans un écosystème où tout le monde utilise l’IA.  


Les secteurs qui font l’actualité
  


L’IA : entre accélération et défis concrets 

2025 a marqué un tournant pour l’IA chez les entrepreneurs. La curiosité laisse place à une volonté de stratégie IA structurée, articulée autour de trois enjeux clés : la gouvernance, l’intégration dans les process, et l’IA embarquée dans les produits. Nos « Cafés IA » et les 21 rendez-vous individuels, qui ont réuni plus de 100 participants, ont révélé cette dynamique. 

Concrètement, où en est-on ? Les usages prioritaires se concentrent sur l’automatisation du business dev, l’hyperpersonnalisation marketing, et la génération de code. Des entreprises comme Maestro (qui a rapidement pris le virage pour la productivité de ses équipes sales et product management avec l’IA) montrent comment l’IA s’impose comme un levier de performance. Anozr Way a même décuplé les capacités techniques de son produit, notamment dans l’investigation, grâce à l’IA agentique, tandis qu’Ubiflow automatise la relation client avec des agents ultra-précis. Des PME, comme Aghadoe, créée il y a 15 ans, qui a monté un plan de transformation IA en un an, illustrent aussi cette bascule des évolutions de modèles des structures plus traditionnelles. 

Mais les obstacles persistent. Manque de compétences, difficulté à mesurer le ROI, et dette technique freinent encore l’adoption. Et puis, il y a les enjeux sociétaux : l’IA ne se résume pas à un outil, elle redessine les organisations, les métiers, et les compétences. Une chose est sûre, elle reste un sujet à maîtriser et à penser, comme le montrent les parcours de Labeko (qui impose l’IA à ses salariés pour booster la productivité) ou Digital4Better (qui mise sur l’IA et le numérique responsable).  


La Cyber arrive à maturité
 
Rennes est une place forte historique de la cybersécurité, avec un écosystème soutenu par l’ANSSI, la DGA, et des acteurs académiques majeurs. Aujourd’hui, avec 80 entreprises cyber et des succès comme Secure-IC ou Sekoia, la Bretagne est un pilier national du secteur. 

Les années 2020 ont vu éclore des pépites comme Malizen, Anozr Way ou Ornisec, accompagnées par Cyber Booster. Mais aujourd’hui, la filière doit se consolider dans un marché de plus en plus concurrentiel et exigeant. 

Un défi qui se renforce depuis deux ans, avec un flux de projets cyber en ralentissement. Face à cette tendance, et avec l’essor de l’IA, Le Poool lance une action majeure pour stimuler l’entrepreneuriat IA & Cyber. Label4AI, la pépite montante spécialisée dans la détection de deepfakes, a d’ailleurs marqué les esprits en remportant deux prix au FIC (Forum InCyber). La première fois qu’une jeune startup Cyber remporte 2 trophées sur ce concours.   


L’industrie innovante est devenue une réalité
 
En 12 ans, nous sommes passés d’une vision numérique de l’innovation à une vision qui intègre l’industrie. Et pas n’importe quelle industrie, une industrie fortement innovante. De Cailabs à Agriloops, en passant par Sweetch Energy, Ostrea et Aisprid, 2025 a été celle des ouvertures d’usines. Ces startups industrielles illustrent une dynamique claire : la Bretagne réinvente son industrie, avec des projets concrets comme l’usine spatiale de Cailabs ou les robots autonomes d’effeuillage de plants de fruits et légumes d’Aisprid.  

Ajoutons à cela deux autres actualités importantes. La 1ère, celle de l’ouverture du Bâtiment 78 à la Janais qui affiche un nouveau lieu totem pour l’innovation industrielle. La 2nde, une extension géographique de l’écosystème industriel. Oui, Vitré Communauté réaffirme sa place forte dans le paysage industriel en officialisant un partenariat avec Le Poool, et signe un projet ambitieux qui réunira étudiants, startups et projets industriels innovants, au cœur d’un ancien bâtiment réhabilité. Des signaux forts pour l’industrie bretonne. 


Le spatial : un écosystème en orbite
😏 
Le NewSpace breton est bien là. Avec des acteurs comme Unseenlabs (satellites pour l’analyse des ondes électromagnétiques), Cailabs (usine spatiale rennaise), Halcyon performance (conception de matériaux) ou encore OsmosX (solutions satellitaires), le territoire se positionne comme un hub majeur du spatial français. LePoool est d’ailleurs membre fondateur de l’incubateur ESA BIC Nord, un accélérateur clé pour les startups spatiales, en lien avec le CNES, l’ESA et les grands comptes du secteur. Et puis, il y a ces entreprises qui exploitent déjà les données satellitaires, comme Alkante, ou Kermap, installées depuis des années en Bretagne. 

La Région mise clairement sur ce secteur, avec des initiatives comme le réseau IRISPACE, qui structure la filière de la donnée satellitaire. Un écosystème qui place la Bretagne sur la carte spatiale européenne. 

La preuve par l’exemple : en 2024 Cailabs et Unseenlabs ont lancé une collaboration et réussi à établir une liaison laser stable entre un nano-satellite et une station optique au sol, une première mondiale, selon le ministère des Armées.  


Deeptech : quand la recherche rencontre l’entrepreneuriat
 
En Ille-et-Vilaine, 16,4 % des startups innovantes sont des deeptech. Un chiffre qui reflète l’ancrage profond de cette innovation de rupture dans le territoire. Avec 50 startups accompagnées, dont 15 issues directement de la recherche académique, la Bretagne prouve sa capacité à transformer des idées de labo en business. Un écosystème porté par 29 établissements supérieurs, 11 labos de recherche, et des partenaires comme le CNRS ou l’Inria. 

Les résultats sont là : des projets comme Cailabs , Glimps, ou Unseenlabs montrent que la région sait faire émerger des champions, certains d’entre eux et d’autres encore sont d’ailleurs les nouveaux lauréats French Tech 2030 (Anozr Way, Glimps, Gladia, Cailabs).  

Pourtant, les défis restent de taille : passage à l’échelle, besoin de financements, et structuration de champions capables de rivaliser mondialement. Voici les enjeux des prochaines années, alors que la deeptech capte 67 % des fonds levés en 2025.  


Un écosystème qui se renforce
 

On le sait, l’innovation ne se décrète pas, elle se construit… collectivement. Et dans ce processus, chaque acteur compte. 

D’abord, les scaleups qui ont réussi. Des entreprises comme IDnow, Hellowork, Secure-IC, ou encore Swile et CleverCloud venues d’autres territoires, ne se contentent pas de grandir : elles redonnent. Mentorat, partage d’expérience, recrutement local… Elles réinvestissent dans l’écosystème qui les a portées, en offrant aux jeunes pousses des modèles et un accès direct aux marchés.  

Ensuite, les grands groupes. Orange, avec son programme pour les femmes entrepreneures, ou EDF, Thales, Enedis, des partenaires historiques qui misent sur l’innovation ouverte. Mais aussi des acteurs locaux comme Roullier ou Lacroix, dont les filiales bretonnes s’impliquent dans la formation, l’accès aux données, ou le co-développement de solutions. Ces connexions transforment l’écosystème en terrain de jeu partagé, où les startups accèdent à des ressources et des réseaux autrement difficilement accessibles. 

Enfin, les experts. GBA, le groupe Vidon, Geirec et d’autres cabinets ne sont pas de simples prestataires, ils interviennent à des moment clés auprès des porteurs de projets. Que ce soit pour sécuriser un brevet, structurer une levée de fonds ou anticiper les risques juridiques, leur expertise permet aux entrepreneurs de se concentrer sur l’essentiel : oser innover. 

Résultat ? Un réseau de + de 250 structures où chaque acteur, à sa manière, contribue à l’écosystème. Les scaleups mentorent, les grands groupes ouvrent des portes, les experts désamorcent les pièges. Avec cette mécanique collective, l’innovation se fait quasi à coût zéro, grâce à la solidarité de l’écosystème. 


… Alors restons connectés ! 

Pour nous rencontrer : Meet le Poool  
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Pour apporter votre soutien à l’écosystème : Contactez Yannick Piault – y.piault@lepoool.tech  
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A bientôt ici, là-bas. 

 
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