[StartMeUp] DaD, un logiciel de cybersécurité… pas comme les autres

La seconde promo de StartMeUp 2019 va bientôt tirer sa révérence. Les dix porteurs de projet, qui ont participé à notre programme d’accélération, prendront leur envol après avoir été accompagnés et formés ces trois derniers mois.

Jean-Louis Lanet est l’un d’entre eux. Directeur du laboratoire de haute sécurité de l’Inria à Rennes depuis 2014, il sera bientôt à la tête de sa startup SUD (pour Start Up DaD). Sa spécialité : lutter contre les attaques informatiques, et plus particulièrement les ransomwares — ou rançongiciels en VF. Ces logiciels malveillants s’immiscent dans les ordinateurs et les serveurs pour chiffrer les données qui y sont stockées. Une rançon est alors demandée, en échange de quoi le propriétaire de ces données peut les récupérer… en théorie.

Une idée testée et approuvée

En 2015, alors qu’il travaille avec un doctorant à l’Inria sur les logiciels de rançon, une idée émerge : pourquoi ne pas se concentrer sur l’effet du logiciel sur les données menacées pour minimiser son impact, plutôt que de les combattre en tentant de décortiquer la façon dont il est codé ? Car c’est bien cette deuxième approche qui est couramment utilisée. Un brevet est déposé, et le logiciel DaD (Data Aware Defence) est ainsi créé, en rodage depuis plus de trois ans.

« Nous sommes des agnostiques du code de l’attaquant », explique Jean-Louis Lanet « et notre méthode fonctionne toujours, quel que soit le code. » Il précise : « Nous utilisons l’intelligence artificielle bien sûr, et des outils mathématiques — les chaînes de Markov — qui permettent de prédire comment un système va évoluer. C’est la nouveauté, car cela n’a jamais été appliqué. »

Le projet est donc dans les bacs. En parallèle, la solution est présentée dans des salons, comme le FIC, et les retours sont plus qu’encourageants. « Nous avons envisagé de créer une startup. Cette idée ne nous est pas venue naturellement, car nous avons pour habitude de valoriser nos travaux différemment. Notamment dans des publications scientifiques. Nous voulions passer du concept au produit, industrialisable. » D’où la participation de Jean-Louis Lanet à StartMeUp, impulsée par l’Inria.

Objectif 2020

Ce sera donc la date de lancement officiel du logiciel DaD. Et le marché est vaste, des grands comptes aux PME, en passant par les particuliers. Et justement : « autant nous savons faire techniquement, autant créer notre entreprise ou définir notre business model nous est totalement inconnu. »

Stratégie marketing, juridique… des sujets qui sont désormais familiers à Jean-Louis Lanet. « Ce programme d’accélération nous a ouvert à de nouveaux horizons, de nouvelles façons de raisonner pour penser notre business. ». Il conclut : « nous avons encore du pain sur la planche pour les mois à venir, mais nous avons pris conscience de ce que nous devons mettre en marche. » Rendez-vous début 2020 pour suivre le décollage de cette startup prometteuse !

 

Crédits photos : © Inria / Photo C. Morel