[StartMeUp] Aisprid : bienvenue à l’ère de la cueillette de fraises… robotisée !

Et si vos prochaines Gariguettes étaient cueillies par des robots ? C’est le pari d’Aisprid, qui entend bien donner une nouvelle dimension à l’horticulture. Voyons ce qui se trame chez cette jeune pousse malouine, dont les tuteurs sont Nicolas Salmon, Pierre-Edouard Hannoush et Morgan Kervoern.

Eté 2019 : les graines sont semées

C’est en récoltant des fraises sous la serre d’un producteur de la région, que Nicolas Salmon commence à réfléchir à un système robotisé pour faciliter le travail de l’humain. Il raconte : « Face à la difficulté de la tâche, je me suis rendu compte que les pays développés étaient confrontés à une problématique commune : le manque de main d’œuvre. En France comme à l’étranger, les emplois saisonniers pour la cueillette font moins d’enthousiastes au fil des années. Cela constitue un frein pour la consommation de produits locaux et les robots pourraient y remédier ». Quelques recherches plus tard, il constate que l’évolution de certains composants électroniques, la baisse de leurs coûts et la performance accrue des technologies de communication rendent envisageable le développement d’une telle solution.

Il en parle alors aux producteurs, premiers touchés par cette réalité de plus en plus pesante dans les secteurs agricole et horticole. Courant juillet, il rencontre aussi Michel Gad, chargé de mission au Poool à Saint-Malo, et lui fait part de son projet. Cet échange marque le début de l’aventure Aisprid.

Automne-hiver 2019 : les plants commencent à germer

Nicolas Salmon poursuit : « Michel Gad m’a poussé à aller sur le terrain, à rencontrer les producteurs pour affiner les besoins du marché ». Des encouragements qui le mènent à s’inscrire au programme StartMeUp by Le Poool au mois de septembre afin de développer sa fibre entrepreneuriale.

De fil en aiguille, Nicolas Salmon rallie un ancien collègue et un ami de lycée à sa cause. Morgan Kervoern et Pierre-Edouard Hannoush se greffent alors à l’équipe. Une collaboration pas si anodine avec ce dernier : ensemble, ils concevaient déjà des robots lorsqu’ils étaient adolescents, allant jusqu’à participer à un concours E=M6.

Côté développement, le premier prototype est déployé début novembre. « Notre robot était alors capable de récolter des fraises en laboratoire et cela nous a confortés dans l’idée que nous étions en mesure d’assurer un service complet », poursuit Nicolas Salmon.

Par service complet, les trois associés entendent :

  • la récolte de fraises cultivées sous serre, en jardins suspendus, par des robots autonomes,
  • le suivi permanent de la performance des robots déployés,
  • la proposition d’autres prestations complémentaires.

Avec une telle promesse, ils se rendent sur divers salons et rencontrent d’autres producteurs à qui ils présentent leur projet. Ces derniers l’accueillent chaleureusement, impatients de pouvoir le tester sur leurs cultures. Aisprid participe également au concours de création d’entreprise Etonnants Créateurs à Saint-Malo — dont il remporte le premier prix —, et intègre l’incubateur Emergys au début de l’année 2020.

Printemps 2020 : les premiers bourgeons apparaissent

Dans un contexte de crise sanitaire et économique, où la main d’œuvre se retrouve confinée, les robots d’Aisprid entrent en scène. Courant avril, la structure juridique est créée et de nouveaux essais sont effectués en conditions réelles — chez un producteur. L’objectif : éduquer les algorithmes et leur apprendre à identifier correctement les fruits prêts à être cueillis, mais aussi optimiser leurs performances, leur précision et leurs réflexes en continu grâce à l’intelligence artificielle.

Aisprid, cueillette de fraises robotisée

Des essais qui s’avèrent fructueux ! Tant et si bien qu’Aisprid ambitionne de traiter différents types de cultures — tomates, poivrons, courgettes, concombres… — et de mobiliser ses robots sous d’autres serres européennes.

La floraison prévue pour l’été 2020

Pour le retour des beaux jours — déconfinés, bien entendu —, Nicolas Salmon, Pierre-Edouard Hannoush et Morgan Kervoern ont déjà tout planifié. Ils prévoient notamment :

  • de présenter le projet à des investisseurs dès la fin du mois de juin,
  • d’agrandir l’équipe à la rentrée,
  • de déployer 10 robots chez plusieurs producteurs d’ici à l’année prochaine.

Nicolas Salmon a bon espoir : « Et si Aisprid était la solution pour maintenir, voire développer, la production locale, alors que seulement un tiers de ce que nous consommons est cultivé en France ? » Car la vocation des robots n’est pas de remplacer l’Homme, mais bien de lui prêter main forte. Il nous tarde de découvrir la suite, que l’on espère florissante !