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Retour sur l’expérimentation du Robot ILO avec les collégiens et les lycéens de Saint-Malo

11 février 2026

Le Poool, avec Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération, permet aux entreprises qui ont un impact positif sur la société de tester leur innovation en conditions réelles. Le LAB Rennes Saint-Malo aide les entrepreneurs à organiser l’étape de « l’expérimentation », ce moment clé, avant la commercialisation, où la solution est confrontée pour la première fois à son public. Une aide au financement du projet d’expérimentation est possible jusqu’à 50 000€ en Avance Remboursable.


Simon Le Berre et Julien Mellet à la tête d’Intuition Robotique & Technologies ont créé ILO robot, un robot roulant, communicant, programmable et réparable, conçu pour accompagner l’apprentissage de la programmation de l’école primaire aux études supérieures. Il offre une manière ludique, concrète et interactive d’apprendre la résolution de problèmes, la logique, les mathématiques, la science et la technologie. Il a été testé lors d’une année scolaire, par le Réseau Canopé, le Lycée Les Rimains, et les collèges Moka et Sacré Coeur à Saint-Malo. Retour sur cette expérimentation.

Durée de l’expérimentation : une année scolaire, de septembre 2024 à juin 2025

Lieux de l’expérimentation : Réseau Canopé, Lycée Les Rimains, Collège Moka, Collège Sacré-Cœur (Saint-Malo)

Zoom sur ILO Robot : L’équipe d’Intuition R&T est partie d’un constat simple :
les élèves apprennent aujourd’hui la programmation avec des outils datés.
Beaucoup de solutions disponibles en classe sont peu adaptées aux pratiques actuelles et se limitent souvent à des environnements virtuels. Résultat : l’apprentissage reste abstrait, alors que ces matières exigent une compréhension concrète des systèmes.
Autre difficulté : les écoles ont besoin d’outils simples, robustes, accessibles financièrement et capables de s’adapter aux réalités du terrain (réseaux sécurisés, matériel hétérogène, enseignants avec différents niveaux de maîtrise).
Intuition R&T répond à ce besoin avec un robot :
– tangible, pour manipuler, expérimenter et comprendre ;
– programmable avec un logiciel moderne ;
– réparable et modulaire, pour apprendre aussi la mécanique et la logique interne ;
– abordable, afin d’être réellement utilisable en primaire, collège et lycée.
L’objectif : offrir aux élèves, du primaire aux études supérieures, un support actuel, complet et durable pour apprendre la programmation autrement que derrière un écran, et reconnecter le code, les mathématiques, la technologie à la réalité physique.

Quels étaient les enjeux de l’expérimentation ? 

Simon Le Berre : L’expérimentation devait à la fois valider la pertinence pédagogique d’ILO Robot et consolider sa robustesse technique.

Nous avions besoin :

  • De mesurer l’efficacité pédagogique : vérifier que le robot permet réellement aux élèves de comprendre les notions programmées et de progresser.
  • De confirmer l’adéquation au marché scolaire : s’assurer que les enseignants peuvent facilement prendre en main le robot et l’utiliser dans des séquences variées.
  • De recueillir des retours utilisateurs sur l’ergonomie, les fonctionnalités, la prise en main, la logique des interfaces.
  • D’évaluer la fiabilité matérielle : pannes, réparations, autonomie, usage intensif, contraintes de réseaux scolaires.
  • D’identifier les améliorations nécessaires pour finaliser la version commercialisable.
  • De clarifier le positionnement prix et les formats de kits.

L’objectif global : aboutir à une solution pertinente et solide, prête à être diffusée plus largement.

Pourquoi avoir mis en place cette expérimentation avec le Réseau Canopée, le Lycée Les Rimains, le Collège Moka, et le Collège Sacré Coeur à Saint-Malo?

Simon Le Berre : Notre robot a la spécificité de s’adresser à tout le monde donc nous devions le tester sur des niveaux scolaires variés (écoles, collèges, lycées) et des contextes techniques très différents.

Les partenaires de l’expérimentation couvrent des profils variés : Réseau Canopé, qui a piloté la phase technique et produit les préconisations pédagogiques, et trois établissements sur Saint-Malo : le lycée Les Rimains, fortement orienté sciences et ingénierie et très intéressé par un outil concret pour leurs enseignements techniques ; le collège Moka et le collège Sacré-Cœur, engagés dans une dynamique d’innovation pédagogique et désireux de tester de nouveaux outils en technologie puis dans d’autres cours. 

Baptiste Prunaux, Directeur Adjoint du Collège Moka : Nous avons choisi de participer à cette expérimentation pour découvrir et utiliser un nouvel outil pédagogique au service de nos élèves. Dans un premier temps, le robot devait être utilisé sous la forme d’un atelier regroupant quelques élèves volontaires sur le temps du midi. Ensuite, l’idée était de l’intégrer en classe dans les cours de mathématiques, SVT, technologie et peut-être d’autres disciplines afin de développer de nouvelles activités pédagogiques et de travailler les compétences différemment.

Olivier Munoz, Directeur Adjoint du Collège Sacré Coeur : Notre motivation était proche : cette expérimentation répondait à plusieurs enjeux pour l’établissement. Elle nous permettait de nous inscrire dans une dynamique territoriale en collaborant avec un acteur local, de rester attentifs aux évolutions technologiques, et de poursuivre le développement d’outils pédagogiques innovants. Elle offrait aussi l’occasion de comparer ce nouvel équipement aux solutions déjà utilisées au collège.

Nathalie Roullois Directrice du Lycée Les Rimains : Le lycée Les Rimains dispose d’une identité scientifique et technique forte, portée par des formations orientées vers les sciences, l’ingénierie et le numérique. Les spécialités et filières proposées en font un terrain naturel pour l’usage d’outils pédagogiques concrets comme ILO Robot. Nous étions curieux d’utiliser ce robot au Lycée.

Quelles ont été les étapes de l’expérimentation ? 

Simon Le Berre : Il y a eu plusieurs phases.

Phase 1 : Tests et cadrage technique pilotés par Canopé. Ensemble, nous avons fait une analyse fonctionnelle de la solution (ergonomie du robot et des applications, recommandation en termes d’autonomie) puis réalisé un livret pédagogique. L’équipe a défini les scénarios et conçu les activités à tester. Cette phase a permis de préciser les usages visés et de préparer une première version cohérente de la solution. 

Phase 2 : Préparation des sites pilotes. Les écoles et enseignants ont été informés et accompagnés afin de comprendre la démarche et de se familiariser avec le robot et sa manière de fonctionner.

Phase 3 : Tests dans les écoles et les lycées. Les enseignants et les élèves ont utilisé le robot en situation réelle, ce qui nous a permis de recueillir de nombreux retours tout au long de l’expérimentation. Nous avons observé de près la façon dont chacun s’appropriait l’outil, son niveau d’autonomie et la fréquence des pannes. Le livret pédagogique a été testé sur deux cycles scolaires afin d’identifier les blocages éventuels dans la prise en main ou dans la progression des activités, puis d’y répondre par itération. 

Phase 4 : Ajustements suite aux retours. Cette étape a servi à consolider l’ensemble et à améliorer l’expérience globale.

Que vous a révélé l’expérimentation sur la solution et ses utilisateurs ?

Simon Le Berre : Le robot existait déjà dans ses grandes lignes : l’expérimentation nous a surtout aidé à optimiser l’expérience, à résoudre des problèmes d’usage, à prendre conscience de l’importance de vulgariser certaines notions techniques pour les enseignants et utilisateurs non-initiés et de faciliter la prise en main au maximum afin de ne pas freiner son utilisation. Comment présenter le robot aux enseignants ? Comment l’utiliser en classe ? Comment le connecter ?

Très vite, nous avons découvert que les usages sur le terrain étaient bien plus variés qu’attendu. Chaque enseignant a sa manière de s’approprier le robot : certains veulent l’utiliser pour des examens, d’autres pour des ateliers de découverte… Les niveaux scolaires ont aussi profondément influencé les pratiques. En primaire, il s’agit surtout d’éveil et de manipulation simple ; au collège, les élèves commencent à aborder la logique et le code ; au lycée, ils s’intéressent au fonctionnement interne du robot. Tout cela nous a obligés à repenser entièrement l’adaptabilité de la solution, aussi bien dans la forme que dans l’interface logicielle ou les contenus pédagogiques.

L’expérimentation nous a aussi confronté à une réalité très concrète : les contraintes techniques dans les établissements sont extrêmement hétérogènes. Certains n’ont pas de Bluetooth, d’autres disposent d’un Wi-Fi très instable, d’autres encore utilisent des PC tellement sécurisés que l’installation devient difficile. Mettre un robot en ligne peut devenir un vrai défi. Nous avons donc travaillé à rendre la solution beaucoup plus flexible, jusqu’à proposer une version filaire lorsque nécessaire. C’est plus contraignant, mais c’est indispensable : nous avons compris que vendre un robot à une école n’avait rien à voir avec la vente à un particulier.

D’un point de vue hardware, nous avons validé la robustesse de notre système. Les retours nous ont permis d’améliorer de nombreux points : fixation des pièces plastiques, fiabilité mécanique, guides de montage et de démontage (car nous n’avions au départ qu’une fiche de montage), ergonomie logicielle, connectivité et électronique. Les discussions avec les enseignants ont été essentielles pour faire évoluer l’application et la manière d’interagir avec le robot.

L’expérimentation a également éclairé nos choix commerciaux. Les établissements nous ont expliqué ce dont ils avaient réellement besoin : des mallettes de 5 ou 10 robots, et des packs qui doivent impérativement rester sous la barre des 1 000 €, car au-delà on bascule dans un investissement beaucoup plus complexe à valider. Le prix du robot n’a pas changé, mais la configuration des packs, les accessoires et leur positionnement tarifaire ont été entièrement revus. Ce qui n’était au départ que des prototypes est devenu une véritable gamme catalogue.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la mise en œuvre de votre projet d’expérimentation ?

Olivier Munoz, Directeur Adjoint du Collège Sacré Coeur : La planification du projet, c’est-à-dire l’organisation des comités de pilotage, a été menée de façon cohérente. En revanche, nous avons rencontré un décalage important dans la livraison des robots. Ces derniers ne sont arrivés qu’en mars 2025, et nous n’en avons reçu que trois robots au lieu de 12. L’année étant déjà avancée, la configuration d’origine n’était plus possible. Nous avons pu réaliser quelques essais, mais en nombre réduit, ce qui a limité les feedbacks et la durée du test. C’est dommage. 

Baptiste Prunaux, Directeur Adjoint du Collège Moka : Nous avons rencontré le même problème au Collège Moka. En revanche, les échanges en direct avec l’entreprise ont été riches : des interlocuteurs à l’écoute, ouverts, et une réelle volonté commune de faire évoluer le produit selon nos besoins et l’intérêt des élèves. À distance toutefois, le suivi du projet a été plus compliqué.

Frédéric Génin, enseignant en Sciences de l’Ingénieur, Lycée Les Rimains : La plus grande difficulté de notre côté a surtout été technique : l’équipe de professeurs a eu du mal à s’approprier le système du fait de la barrière technologique à l’entrée. L’usage était en effet complexe et les fonctionnalités restaient trop limitées ou peu accessibles pour une utilisation fluide en classe. L’expérimentation aurait gagné en efficacité en y consacrant plus de temps et si l’entreprise avait pu nous accompagner davantage.

Simon Le Berre : De notre côté, nous avons en effet rencontré des difficultés concernant la gestion du temps allouée à cette expérimentation : étant une petite équipe, il a fallu jongler entre temps de développement et temps d’organisation entre les différents interlocuteurs. Nous avons également tardé à livrer les robots car nous attendions de fournir le robot le plus abouti, mais avec le recul et le retour des expérimentateurs, nous comprenons maintenant l’intérêt dans une expérimentation de livrer un produit imparfait. Cela nous aurait permis d’apprendre davantage sur les usages en classe et sur les attentes. Nous avons appris de cela et serons mieux préparés pour les prochaines expérimentations que nous mènerons. 

Maintenant que l’expérimentation est terminée, pouvez-vous nous expliquer en quoi elle a été bénéfique ? 

Simon Le Berre, Intuition R&T : Lors de l’expérimentation, nous avons croisé de nombreux enseignants très motivés par leur métier et désireux d’intégrer de nouvelles solutions éducatives dans leurs classes. 

Parmi eux, la rencontre avec M. Génin, enseignant de sciences de l’ingénieur, a été déterminante. Très proactif, il a immédiatement perçu le potentiel du robot et son intérêt pour l’enseignement. Ses retours ont été particulièrement précieux : il nous a indiqué concrètement ce qui pouvait être amélioré, ce qui nous a fait gagner un temps considérable. C’est d’autant plus marquant qu’il souhaiterait utiliser le robot non seulement comme support d’apprentissage, mais aussi comme support d’évaluation pour le baccalauréat.

Quelles sont les retombées économiques de l’expérimentation ?


Simon Le Berre, Intuition R&T : Un emploi a été mobilisé pendant toute la durée du projet et trois créations de postes supplémentaires sont prévues d’ici trois ans. Sur le plan commercial, le lancement officiel de la solution est intervenu en septembre 2025, ouvrant une nouvelle phase de développement pour l’entreprise. Tous les distributeurs français ont référencé ILO Robot dans leur catalogue. Nous commençons à vendre des robots aux établissements scolaires. L’expérimentation a aussi contribué à l’ouverture internationale du projet, avec des premiers déploiements attendus en Belgique et en Espagne.

L’accompagnement du Poool et du Lab Rennes Saint-Malo a-t-il correspondu à vos attentes ?



Simon Le Berre : Le Lab Rennes St-Malo nous a aidés à trouver les terrains d’expérimentation, à structurer clairement le projet d’expérimentation et nous a apporté une crédibilité importante auprès de nos interlocuteurs. Nous avons surtout apprécié le professionnalisme de l’équipe, qui nous a suivi tout au long du processus et a permis de mener l’expérimentation dans de bonnes conditions. Par ailleurs, nous avons pu bénéficier d’une aide au financement du projet avec 29 000€ en avance remboursable. 

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