[StartMeUp] Scilicium : la bio-informatique au service de la science

Voilà près de cinq ans que Thomas Darde travaille sur ce projet qui sortira bientôt de terre : Scilicium. Ce bio-informaticien, entouré de deux experts dans ce domaine — Frédéric Chalmel et François Moreews — croit dur comme fer à l’accessibilité des données scientifiques, pour aider les biologistes à les analyser et à les interpréter. Thomas Darde est aussi membre de la seconde promo StartMeUp 2019 depuis mai dernier : « je suis issu du monde académique, et j’avais besoin de cet accompagnement pour devenir entrepreneur. » Scilicium verra officiellement le jour dans une poignée de semaines.

Scilicium, promo 2 StartMeUp 2019

Photo de l’équipe de gauche à droite : Aurélie Lardenois, Thomas Darde, Frédéric Chalmel et Antoine Rolland

Des outils et des hommes

La bio-informatique est un domaine récent — apparu il y a une quinzaine d’années seulement — qui vise à venir en support des biologistes. « Les nouvelles technologies de séquençage d’ADN génèrent de plus en plus de données. On utilisait des tableurs Excel dix ans en arrière. Mais ça n’est plus possible tant ces données sont pléthoriques », note Thomas Darde. Il faut donc des compétences spécifiques pour lire ces données, extraire les informations, et éclairer les scientifiques dans leur recherche.

Le projet Scilicium prend forme l’été dernier, à la faveur d’une discussion avec Frédéric Chalmel : « la bio-informatique est un domaine porteur, mais aussi critique pour les spécialistes. En sciences comme dans d’autres secteurs, les données sont d’une richesse infinie et disponibles en profusion. Pour autant, l’analyse n’est que la première étape, car il faut leur donner un sens, une interprétation. » Et on ne peut décorréler cette analyse du métier dont il dépend : bancassurance, physique, sciences du vivant…

Thomas Darde ajoute : « pendant ma thèse, j’ai pu constater cette décorrélation : les experts qui analysent les données les restituent en fichiers complexes, difficilement interprétables par les biologistes. » La solution ? « Rendre accessibles ces données, pour que ceux qui doivent les interpréter, les scientifiques, puissent le faire. »

Scilicium, en trois objectifs

Le premier : former les scientifiques à l’analyse, pour qu’ils puissent comprendre le processus et appliquer eux-mêmes leur interprétation des données collectées. Le second : proposer une prestation de service d’aide à l’analyse des données, à destination des biotechs, du monde académique ou privé.

Le troisième objectif de l’équipe de Scilicium est le plus ambitieux, et quasi abouti : développer une interface web dédiée à l’analyse de données en sciences de la vie. « Cette plateforme regroupe trois grandes features : un catalogue fourni d’outils d’analyses et de méthodologies, un outil de visualisation des données, et un service de data management pour rendre réutilisables les données dans le temps. » Thomas Darde ajoute : « nous sommes à la fois très techniques et très accessibles : on parle d’intelligence artificielle, de deep learning tout en proposant à nos utilisateurs la stratégie d’analyse la plus adaptée à leur sujet de recherche. » L’expérience utilisateur est au cœur de cette interface web, conçue et peaufinée avec deux biologistes, Aurélie Lardenois et Antoine Rolland, qui apportent leur regard, leurs besoins, leurs attentes. « Nous voulons que nos utilisateurs ne soient jamais seuls face à leurs données. Nous avons prévu un module de chat, pour qu’ils puissent contacter des experts qui les aideront dans leur analyse. »

Et Scilicium a déjà convaincu : l’entreprise est en passe de décrocher trois contrats, avec un grand groupe pharmaceutique, un institut de recherche public … et une startup rennaise rencontrée lors de StartMeUp. Elle est aussi épaulée par Cherry Biotech, une autre startup rennaise « qui nous prête leur business developper, Pierre Gaudriault. Son fondateur, Jeremy Cramer, croit dans la synergie des hommes et des compétences, pour aider les jeunes entreprises à ne pas reproduire les erreurs que d’autres ont commises. » Un écosystème rennais, soudé, et en marche pour la Deep Tech Valley !